Au mois de septembre 2009, Essilor a rendu publique la nomination de Hubert Sagnières à sa direction générale à partir du 1er janvier 2010. Il est à noter que l’actuel président-directeur général d’Essilor conservera la présidence du conseil d’administration.
À cette annonce s’ajoute la nomination de Réal Goulet au comité exécutif d'Essilor International. Ce dernier a été directeur du laboratoire de Essilor Canada à Montréal.
À l’occasion de la nomination de Hubert Sagnières, nous avons eu le privilège d’obtenir une entrevue avec celui qui va dessiner l’avenir d’une des plus importantes compagnies internationales de l’optique.
- Au service d’Essilor depuis 20 ans, vous avez à votre actif de très nombreuses réalisations. Quelles seraient celles qui vous rendent le plus fier ?
C’est très certainement mon arrivée au Canada! Cela a signifié un grand tournant dans ma vie professionnelle et aussi familiale. Ici, j’ai eu l’occasion de développer des équipes et de rencontrer des Canadiens de talent tels que Réal Goulet qui va accéder au comité exécutif.
Il y a aussi la constitution d’Essilor of America et son déploiement d’activités qui est passé en quinze ans de 150 millions à 2 milliards de dollars. C’est un grand projet qui a impliqué toutes nos équipes.
Mais finalement, ce dont je suis le plus fier demeure de constater que les personnes qui constituent mes équipes ont grandi avec moi. Cela fait vraiment plaisir! D’autant plus que l’aspect humain est certainement une des valeurs les plus importantes dans notre industrie.
- Le Groupe Essilor ne semble pas affecté par la récession. À quoi attribuez-vous le succès financier de votre entreprise?
Mais nous aussi sommes affectés par la récession! En revanche, moins que les autres parce que notre industrie est indispensable pour les consommateurs. Nous avons aussi la chance d’être une entreprise extrêmement globale. Et l’on sait qu’à l’échelle planétaire, certains pays tirent davantage leur épingle du jeu, notamment dans les marchés asiatiques, indiens et même d’Amérique du Sud qui sont moins touchés que l’Europe, les États-Unis ou le Canada. Et puis, nous capitalisons aujourd’hui sur tous les efforts de recherche que nous avons développés dans le passé et qui font que nous avons une gamme de produits qui correspond à l’ensemble de la demande des consommateurs.
- Que représente Essilor Vision Foundation dans votre parcours professionnel au sein du groupe?
En tant que leader, Essilor devait se doter d’une structure capable de gérer l’ensemble des initiatives humanitaires que notre entreprise finance. La Fondation est basée aux États-Unis et a aussi pour vocation de venir en aide prioritairement aux enfants. Cependant, dans l’avenir, elle vise à étendre ses actions à travers le monde.
- Il est courant de dire qu’Essilor n’est pas une entreprise d’envergure internationale «comme les autres». En quoi vous apparaît-elle différente?
Je crois très sincèrement qu’Essilor s’appuie sur des valeurs qui prennent racine de l’actionnariat des salariés qui représentent plus de 10 000 personnes à travers le monde. Ce qui signifie que chacun se sent un peu propriétaire de l’entreprise. Je dis à ceux qui travaillent chez Essilor : «Faites comme moi, gérez Essilor comme si c’était votre entreprise!» Cela nécessite énormément de transparence et cela implique que les gens soient enthousiastes, parce que notre entreprise est passionnante et que le secteur de l’optique l’est aussi! C’est ce qui explique en partie notre différence…Mais il ne faut pas plus oublier les 4 à 5 % de notre chiffre d’affaires par année que nous investissons dans la recherche et le développement. Une particularité qui rend Essilor très stimulante et très attirante pour des candidats talentueux.
- Comment envisagez-vous votre leadership au sein du groupe?
Tout s’appuie d’abord sur une grande continuité, mais aussi sur la diversité des talents. C’est pourquoi le comité exécutif sera doté de membres issus de différents continents. Finalement, au-delà des opérations de gestion, le plus gros défi est de faire croître les talents dans une vision commune.
Encadré :
Coup d’œil sur Hubert Sagnières
Originaire de France, il cumule les nationalités française et canadienne. Après son diplôme de l’École centrale de Lille (école qui forme des ingénieurs de haut niveau), il obtient une licence en sciences économiques et entre à l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD) pour décrocher un MBA.
Dès son arrivée dans le groupe en 1989, il se distingue en créant la fonction de directeur Marketing Verres-International. En 1991, il est nommé président d’Essilor Canada et occupera également la présidence d’Essilor Laboratories of America en 1997. Une année plus tard, il prendra la direction d’Essilor of America. En 2006, il devient le directeur exécutif des zones Amérique du Nord et Europe. En 2008, il accepte le poste de directeur général délégué d’Essilor International et occupe le poste d’administrateur d’Essilor International. Parallèlement à cette constante ascension au sein du groupe, il est l’un des fondateurs d’Essilor Vision Foundation.