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Mai • Juin 2009

 

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L'HEURE DE LA COLLATION DES GRADES
Par Mary Field
Traduit par Edward Collister

 

L’année scolaire est terminée pour la plupart des établissements qui offrent des programmes de formation aux futurs opticiens et opticiennes. Bientôt, une nouvelle cohorte d’opticiens diplômés débuteront leurs carrières. Il est possible qu’ils pensent que leur formation est terminée mais en vérité, comme dans toutes les professions – et particulièrement pour les opticiens – elle ne fait que commencer.

Pour les organismes de réglementation et d’attribution du droit de pratique, les expressions « compétence de base »  et « compétence minimale » sont monnaie courante. Cependant, pour un jeune diplômé, ces notions peuvent lui sembler étranges. J’imagine très bien un jeune finissant s’exclamer : « Mais comment pouvez-vous dire que je ne possède qu’une compétence de base? Je connais ma matière! »

En fait, les examens tels que ceux du National Ocular Sciences Examinations garantissent aux patients canadiens que les jeunes diplômés sont suffisamment compétents pour ne pas leur causer de tort. Cependant, un employeur ne peut s’attendre à ce que les jeunes opticiens assument la responsabilité totale de leur bureau pendant qu’il ira, lui, jouer au golf.

Chaque bureau d’opticien comporte des défis qui lui sont propres. En réalité, un jeune diplômé n’a été confronté qu’à un nombre limité de situations. Peut-être a-t-il appris à l’école l’utilisation de lampes à fente ou d’un autre type d’appareil alors que d’autres instruments sont utilisés dans son nouvel environnement de travail? Il sera donc plus hésitant, moins à l’aise et posera de nombreuses questions pour se rassurer et gagner en confiance. Il est certain aussi qu’il commettra son lot d’erreurs. Peut-être aussi, qu’au cours de sa formation, le jeune diplômé aura été habitué à des outils que votre bureau ne possède pas. Il devra alors apprendre à s’adapter.

En tant qu’employeur d’un jeune diplômé, songez à la multitude de choses qui vous ont permis d’atteindre votre niveau de compétence actuelle. L’agencement de la vitrine, la comptabilité, les relations humaines, la gestion du client difficile, la promotion de votre entreprise, les astuces pour les lentilles progressives… tout cela et plus encore ont contribué à forger vos compétences au fil des années. Rappelez-vous que le jeune diplômé possède une compétence de base qui lui permet d’identifier les situations qui pourraient causer du tort au patient. Vous avez la responsabilité de lui montrer comment devenir un opticien exemplaire et un homme ou une femme d’affaires.

La mobilité interprovinciale des opticiens d’ordonnances

À présent, la plupart des opticiens connaissent l’Accord de reconnaissance mutuelle (Mutual Recognition Agreement) mis sur pied par les organismes de réglementation des opticiens. Cet accord permet aux opticiens enregistrés dans une province de déménager dans une autre province sans avoir à se requalifier. Les opticiens ont été parmi les premières professions à reconnaître et entériner l’Accord sur le commerce intérieur (AIT). De plus, les associations d’opticiens ont dépensé des sommes importantes pour démontrer qu’un opticien d’une province est apte à pratiquer dans une autre province. Grâce aux ordres professionnels et aux organismes d’attribution du droit de pratique, l’Accord de reconnaissance mutuelle (MRA) a atteint son objectif.

Cependant, une certaine confusion persiste au sujet de la portée réelle du MRA. Cela ne veut pas dire que si vous avez un droit de pratique dans une province, que vous pouvez pratiquer dans une autre province sans payer les droits afférents et sans remplir les documents appropriés. Cela signifie plutôt que si votre dossier est en règle, vous pouvez postuler pour pratiquer dans une autre province à condition de payer les cotisations. Vous bénéficierez ainsi des mêmes droits que ceux de votre province d’origine. Il est à noter que la province de Québec n’a pas encore signé l’Accord de reconnaissance mutuelle.

Dernièrement, il y a eu des modifications à l’Accord sur le commerce intérieur. L’année dernière, les premiers ministres canadiens ont convenu que le dossier n’avançait pas assez rapidement et ont émis un nouvel échéancier au terme duquel les provinces doivent compléter les négociations relatives à l’Accord de reconnaissance mutuelle. Même si les modifications à la législation ont fait les manchettes, les organismes de réglementation des opticiens ont déjà répondu aux exigences.

Quelques opticiens ont craint que les modifications de l’Accord sur le commerce intérieur signifient que les programmes canadiens de formation n’auront plus besoin d’accréditation. Ce n’est pas le cas. Les normes sont respectées par l’Accord. Ce dernier stipule que l’organisme de réglementation provincial doit reconnaître un opticien qui a un droit de pratique dans une autre province. Les modifications à l’Accord font en sorte qu’il est maintenant plus qu’important que chaque établissement d’enseignement se conforme aux exigences d’accréditation des ordres professionnels. Si un établissement ne suit pas les normes d’accréditation de la National Association of Canadian Opticianry Regulators (NACOR), ses étudiants ne pourront pas obtenir le droit de pratique dans cette province.

La responsabilité de la province d’origine de l’opticien est de s’assurer que les membres répondent aux normes établies pour la formation. Pour préserver une uniformité, les provinces se sont entendues pour que les règles s’appliquent à tous. L’Accord de reconnaissance mutuelle a établi des normes et a développé un processus d’accréditation garantissant que tous les étudiants atteignent le même niveau de connaissances. De plus, à la suite de leur formation, toutes les personnes qui demandent le droit de pratique doivent se soumettre au National Ocular Sciences Examinations. À l’exclusion du Québec, il est permis de dire que les opticiens diplômés et enregistrés dans leur province peuvent maintenant pratiquer leur profession à l’échelle du Canada.