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Mai • Juin 2009

 

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TESTEZ VOTRE VÉRITABLE PROFIL D'INVESTISSEUR ET PASSEZ À L'ACTION!
Par Hélène Gagné, F.Adm.A., Pl. Fin., CIM
Gestionnaire de portefeuille
PWL Capital inc.
hgagne@pwlcapital.com

 

Il existe une panoplie de questionnaires pour déterminer votre profil d’investisseur et votre degré de tolérance au risque. Bien qu’ayant une utilité certaine, je constate que les réponses de mes clients sont influencées par leur état d’esprit du moment, et donc le résultat du questionnaire aussi. Je soupçonne qu’il en est de même pour vous…

Après quelques années de marché haussier, vous avez tendance à devenir optimiste, confiant et à sous-estimer les risques que vous vous dites prêt à assumer. En pareil temps, vous risquez d’opter pour une allocation en actions trop grande.

À l’inverse, lorsque la Bourse est en baisse depuis un an ou plus, vous cherchez à vous réfugier dans les placements conservateurs, garantis de préférence. Il ne faut pas s’en étonner : votre mémoire est plus sensible aux événements récents, surtout s’ils sont négatifs. C’est lorsque les temps sont durs que votre tolérance au risque et votre estomac passent le test ultime.

Votre profil en une question, une réponse

À partir de mon expérience, je vous propose un test éclair. Répondez-y honnêtement pour valider si le pourcentage du capital que vous prévoyez allouer aux actions est adéquat. Pour rendre ce test plus pertinent, adaptez les chiffres à votre situation personnelle. Voici la question qui tue:

Votre portefeuille vaut un million de dollars.
Vous investissez 500 000 $ en obligations et 500 000 $ en actions.
Êtes-vous prêt à en perdre 250 000 $?

Cette question est brutale, mais logique. Lors des marchés baissiers depuis 50 ans, les grands indices boursiers ont chuté d’environ 40 % depuis leur sommet jusqu’à leur creux1. J’arrondis à 50 % pour tester davantage vos limites. Je vous demande à nouveau : êtes-vous prêt à perdre, même si c’est temporaire et sur papier, 250 000 $ sur votre million?

• Oui? Vous pouvez être confiant que votre allocation d’actif vous conviendra.
• Non? Vous devez réduire votre pourcentage d’actions et augmenter celui de titres à revenu fixe.

Une composante majeure de votre portefeuille doit reposer sur des titres à revenu fixe. Pour qu’elle joue véritablement son rôle stabilisateur, cette section doit regrouper des obligations de haute qualité (crise de crédit oblige) dont les échéances sont courtes. Les taux d’intérêt actuels ne justifient pas d’opter pour des échéances supérieures à cinq ans.

Pour vos placements de croissance, peut-être détenez-vous une poignée de titres individuels. Dans pareil cas, vous misez sur la capacité de survie (et de croissance) de quelques entreprises.

Une autre approche consiste à investir dans des produits qui calquent les grands indices boursiers. Ils vous exposent aux fluctuations du marché. Cependant, même lorsque les temps sont durs, il est raisonnable de croire que les 60 principales sociétés canadiennes (qui composent l’indice S&P/TSX 60) ne feront pas toutes faillite. Il en est de même pour l’indice S&P 500 des principales sociétés américaines, ou le MSCI EAFE qui reflète le rendement des grandes entreprises d’Europe, d’Australie et d’Extrême-Orient.

Vous pouvez adopter cette stratégie en recourant à des fonds négociés en Bourse ou à des fonds communs indiciels2. Ce faisant, vous éliminez le risque ultime d’investir dans le titre d’une société spécifique : celui de voir sa valeur tomber à zéro. Ici, vous misez sur la capacité de survie du commerce à l’échelle globale. Bien que des sociétés naissent et meurent continuellement, les échanges commerciaux croissent.

Lorsque la Bourse reprendra à la hausse, les placements indiciels de croissance dans votre portefeuille en feront autant. Quand pouvons-nous espérer une reprise soutenue? Personne ne le sait, mais tant que nous vivrons dans un système capitaliste, je suis confiante que le marché des capitaux continuera de rémunérer les investisseurs patients.

1 Source : Morningstar Encorr
2 Les frais de gestion des fonds négociés en Bourse sont en général inférieurs à ceux des fonds communs indiciels.