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2008

 

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DU SOLEIL DANS NOS VERRES
Par isabelle Boin-Serveau


L’été arrive! Et avec lui, la course aux lunettes de soleil… Pourtant, au-delà de l’attrait grandissant des consommateurs pour des montures qui affirment leur style et leur statut, le choix des lentilles demeure la partie la plus importante de cet achat. Et il ne manque pas de choix tant les manufacturiers rivalisent d’innovation pour proposer des produits adaptés à toutes les activités en répondant ainsi à une forte demande de protection.

Même si les rayons du soleil sont indispensables à la vie, une exposition excessive entraîne de graves dommages sur la santé, non seulement des dégénérescences cutanées mais aussi des affections oculaires. Avec la prise de conscience de la population vis-à-vis des effets nocifs des rayons ultraviolets, le marché des lentilles solaires n’a cessé de prendre de l’ampleur.

Alerte au soleil!

Tout le monde s’accorde sur l’importance de sensibiliser la population aux risques des rayons UV. D’ailleurs, depuis 1993, le Programme des Nations Unies pour l’environnement a sonné l’alerte en mettant sur pied le projet INTERSUN visant « à effectuer des recherches sur les effets sanitaires de l’exposition aux UV et à prendre des mesures appropriées pour les atténuer1 »

Outre les quelque 2 millions de cancers non mélanocytaires et les 200 000 mélanomes malins répertoriés chaque année dans le monde, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que 20 millions d’individus sont devenus aveugles du fait d’une cataracte, et que, pour 20 % d’entre eux, cette cécité pourrait être due à une surexposition aux UV. Pour assombrir un peu plus le tableau, l’appauvrissement durable de 1 % de la couche d’ozone dans la stratosphère entraînerait une augmentation de 0,5 % du nombre de cataractes dues aux rayons ultraviolets.

Ce sont les chercheurs canadiens d’Environnement Canada2 qui ont prouvé que la diminution de la couche d’ozone augmentait le rayonnement ultraviolet touchant la Terre. C’est aussi à eux que nous devons l’indice UV, adopté en 1992, pour aider la population à évaluer la force du rayonnement ambiant. Les scientifiques canadiens «ont développé le spectrophotomètre Brewer, l’instrument de mesure d’ozone le plus précis au monde et gèrent Le Centre mondial des données sur l’ozone et le rayonnement ultraviolet, qui recueille de l’information sur la couche d’ozone et le rayonnement UV sur toute la planète pour la transmettre aux scientifiques du monde entier3». L’indice, adopté en 1994 par la plupart des pays et recommandé par l’OMS, mesure l’intensité d’après une échelle de 0 (la plus faible) à 12 (la plus forte) et peut être consulté régulièrement dans tous les bulletins météorologiques.

Encadré :
L'indice UV d’Environnement Canada


Indice UV

Description

Risque pour la santé

0 - 3.9

faible

Pour une exposition de plusieurs heures. Sur une surface réfléchissante, comme la neige, protéger la peau et porter des lunettes de soleil.

4 - 6.9

modéré

Prendre des précautions en particulier pour une exposition dépassant une heure.

7 - 8.9

élevé

Protection nécessaire. Pour le soleil de la mi-journée, rester à l'ombre, se couvrir, protéger la peau et porter des lunettes de soleil.

9 et plus

extrême

Protection supplémentaire nécessaire. Rester à l’ombre !

 

Les UV et les normes de l’industrie en matière de protection oculaire

Tous les ultraviolets ne sont pas égaux. Leur gamme est subdivisée en trois catégories : les UV-A, UV-B et UV-C.

  1. Les UV-A possèdent une longueur d’onde relativement longue et représentent 95 % du rayonnement UV touchant la surface terrestre. Ils pénètrent fortement dans le derme;
  2. Les UV-B ont une longueur d’onde moyenne et une partie de leur rayonnement est filtrée par l’atmosphère. Ils sont néanmoins responsables des coups de soleil;
  3. Enfin, les UV-C, les plus nocifs, de courte longueur d’onde, n’atteignent généralement pas la surface de la terre.

Finalement, on recherchera idéalement des lentilles solaires qui bloquent les UV-A et UV-B entre 290 et 400 nanomètres (nm).

Plusieurs organismes de réglementation existent à travers le monde afin d’établir des normes de protection des UV. Pour l’Amérique du Nord, on reconnaît l’ANSI (American National Standards Institute4 et le CSA (Association canadienne de normalisation5). L’ANSI classe les verres solaires en trois catégories :

  1. Esthétiques : doivent bloquer au moins 70 % des UV-B et jusqu’à 60 % des UV-A;
  2. Usage général : doivent bloquer au moins 95 % des UV-B et au moins 60 % des UV-A;
  3. Usage particulier : doivent bloquer au moins 99 % des UV-B et 60 % des UV-A.

La norme canadienne relative aux lunettes de soleil sans prescription est similaire à l’ANSI. Elle comprend les lignes directrices concernant les degrés de transmission des couleurs et les exigences relatives à différents types de lentilles et la résistance aux chocs.

Il existe aussi la Commission mondiale des normes ophtalmiques du Conseil mondial d’optométrie (WCO6) qui définit les exigences et les procédures d’essai des produits pour la garantie mondiale d'acceptation des verres absorbeurs et filtres UV. Les produits doivent bloquer au moins 99 % des UV-A et UV-B jusqu’à 380 nm, et au moins 80 % du rayonnement énergétique entre 380 et 400 nm. La Sunglass Association of America7  établit également ses normes avec la FDA (Food & Drug Administration). Et il faut ajouter à cette liste l’American Optometric Association8 dont la Commission des standards ophtalmiques délivre des labels de qualité pour les verres solaires et leurs traitements.

La réponse de Transitions à la protection des UV

Transitions Optical, qui est reconnu par le WCO et l’AOA pour ses verres Transitions® satisfaisant aux exigences de la garantie mondiale d'acceptation pour les verres absorbeurs et filtres UV, cherche aussi à mieux comprendre la population. En 2007, elle organisait un sondage d’opinion sur la saine vision auprès des Canadiens. Et les résultats laissent clairement entrevoir que l’information relative aux méfaits du soleil n’atteint pas entièrement sa cible.

En effet, seulement 8 % des personnes interrogées connaissent les effets nocifs de l’exposition prolongée au soleil pour la santé visuelle et 20 % d’entre elles croient à tort que les dommages oculaires causés par le rayonnement UV sont réversibles. Les consommateurs canadiens sont pourtant 42 % à exiger des verres qui protègent des UV et 49 % rapportent que des verres offrant une protection UV leur ont été recommandés. Isabelle Tremblay, gérante au marketing chez Transitions pour le Canada souligne que « cette étude démontre que l’industrie des soins de la vue doit maximiser ses efforts d’éducation et de conscientisation du public en matière de santé visuelle ».

C’est bien sûr sur le terrain des verres photochromiques que Transitions a capitalisé toute sa renommée depuis plusieurs années. Mais il aura fallu du temps avant que les consommateurs adhèrent à ce concept de verres qui s’obscurcissent au soleil et s’éclaircissent à l’intérieur.

Aujourd’hui, la société a mis sur le marché une nouvelle génération de lentilles, les Transitions® VI qui bénéficient d’amélioration par rapport aux précédentes : les verres sont plus foncés à l’extérieur et réduisent davantage l’éblouissement. Ils sont également plus clairs à l’intérieur et s’éclaircissent plus rapidement. Comme pour les générations précédentes, les verres bloquent 100 % des UV-A et UV-B et fournissent maintenant une protection UV 400.

Transitions a fait appel à des professionnels pour tester ce nouveau produit et les résultats semblent encourageants puisque 9 sur 10 se déclarent satisfaits de la vitesse d’activation de l’intérieur à l’extérieur et vice-versa, et 98 % ont apprécié la clarté des verres à l’intérieur.

Parallèlement à la sortie de ce tout nouveau produit, Transitions poursuit sa campagne de communication auprès du public avec le lancement de son site amélioré (www.transitions.com). Un site qui s’adresse aussi aux professionnels de la vue en leur offrant des ressources utiles pour expliquer aux patients la performance des nouvelles lentilles Transitions VI. Pour les aider dans la vente, la société met à leur disposition une véritable trousse marketing avec Certificat d’authenticité, affiches, ensemble de démonstration avec lampe UV, tapis présentoir, brochures pour les patients, etc.

Mais Transitions ne fait pas cavalier seul dans l’industrie et travaille de concert avec des manufacturiers pour mettre au point de nouveaux verres. Ainsi, avec Younger Optics sont apparues les révolutionnaires lentilles photochromiques Drivewear. Comme on le sait, les UV ne pénètrent pas dans l’habitacle d’une voiture car ils sont bloqués par les vitres. Or, les verres photochromiques réagissent à la lumière des ultraviolets. Les lentilles Drivewear viennent pallier le problème puisqu’elles foncent à la fois sous l’effet des UV et de la lumière. HOYA Canada qui distribue ici les lentilles Drivewear en a fait un de ses fers de lance: « Le verre devient brun pâle à l’intérieur et bien sûr s’obscurcit un peu plus à l’extérieur. Les verres de plastique sont disponibles en trois couleurs et sont polarisés pour éviter l’éblouissement lors de la conduite. Bien sûr, ils protègent aussi des UV », explique le directeur commercial pour le Québec.

Avec Oakley, Transitions a mis sa technologie au service d’une large gamme de verres photochromiques pour les montures telles que Half Jacket® , Racing Jacket®, Minute 2.0, etc.

OAKLEY, la référence pour les gens qui bougent

Pour Jim Jannard, qui a fondé Oakley en 1975, « everything in the world can and will be made better ». Autant dire que sa compagnie poursuit sans relâche son ambition du « meilleur ». Parallèlement, Oakley déploie des efforts de communication à l’endroit de la population en ayant lancé sur les routes canadiennes, au cours de l’été 2007, un autocar de 12 mètres de long qui répond au nom de OLab.

Cette unité de démonstration mobile visait à renseigner les consommateurs sur la science en matière de protection oculaire et surtout à les inciter à se protéger les yeux. « En rendant notre science accessible au grand public, nous pouvons toucher ceux qui n’auraient pas la chance de connaître les avantages que procurent des lunettes de qualité », explique Ingrid Sirois, porte-parole d’Oakley Canada. Et l’engouement du public pour cette initiative a donné à l’entreprise le goût de reprendre la route et de s’arrêter dans les villes canadiennes au cours du printemps 2008.

Jake Trottier, représentant technique pour l’est du Canada, indique que « le Plutonite®, matériel avec lequel Oakley fabrique ses verres, filtre 100 % des rayons UV-A, UV-B et UV-C, ainsi que la lumière bleue dommageable pour les yeux jusqu’à 400 nanomètres. Il s’agit en fait de verres en polycarbonate dont on a éliminé toutes les particules de carbone améliorant ainsi la qualité optique mais aussi solidifiant la surface qui donne au verre la chance de résister aux impacts. » C’est cette technologie (High Definition Optics®) brevetée XYZ Optics® qui offre précision optique et résistance. Les verres d’Oakley sont aussi conçus pour maximiser la vision périphérique et mieux protéger des rayons du soleil mais aussi du vent et de la poussière. Le filtre UV est intégré dans le matériau et ne peut subir de dégradation en surface.

Une soixantaine de couleurs sont disponibles : iridium (fini miroir) et jaune qui sont surtout prisés par les sportifs, gris et bronze. Ce dernier correspond parfaitement à une utilisation pour la conduite sur route. Les verres sont aussi traités avec un enduit hydrophobique ou oléophobique qui permet à l’eau ou à la graisse de glisser rapidement sur le verre sans gêner la vision, selon le même principe du traitement Aquapel appliqué sur les pare-brises de voiture.

Essilor enrichit son catalogue de solaires

Jean-Luc Brassard, notre médaillé d’or olympique en ski acrobatique, est l’emblème de la nouvelle gamme de verres solaires spécifiques pour le sport qu’Essilor vient de mettre sur le marché : Airwear Sport et Varilux Sport.

En polycarbonate, les verres Airwear Sport offrent une excellente résistance aux chocs et ils sont très légers grâce à la qualité du matériau (PhysioTints évite toutes les distorsions chromatiques et donc la fatigue visuelle ). Ils bloquent également les UV à 100 % et la lumière bleue au minimum à 90 %. « La lumière bleue fait partie du spectre visible de la lumière et est très néfaste pour les yeux. C’est elle qui est aussi responsable du vieillissement prématuré de l’œil. De plus, le verre est teinté dans la masse du côté convexe et assure une teinte uniforme et durable », ajoute Séverine Arnaud de chez Essilor.

À chaque teinte correspond un type d’activités. Le jaune est un verre polarisant d’intensité moyenne pour une bonne vision fine ou précise sur la route et sur l’eau. L’orange réserve un meilleur contraste et une bonne précision et il est idéal par temps de brouillard. Le brun clair d’intensité moyenne s’adapte aux variations de la lumière et améliore les contrastes. Le brun polarisant supprime l’éblouissement dû à la réverbération. Le brun restitue parfaitement les couleurs et réduit la fatigue visuelle. Enfin, le brun foncé offre une protection optimale contre la luminosité intense en haute altitude. À noter que pour ses verres polarisants, Essilor vient de sortir trois nouvelles teintes : rouge foncé, cuivre et forêt.

Varilux Sport est un verre numérique évolué et optimisé pour chaque prescription selon les quater paramètres suivants : sphère, cylindre, axe et addition. Il est également offert dans les six teintes propres à Airwear Sport. « Son design spécialement développé pour répondre aux exigences des sportifs permet un champ de vision de loin extra large, une vision de près stabilisée et un accès instantané à la vision intermédiaire en respectant l’inclinaison naturelle des yeux et de la tête, le tout pour une parfaite vision dynamique dans l'action. Grâce à la technologie numérique d'Essilor, le Varilux Sport offre une parfaite optimisation de la prescription », rappelle Séverine Arnaud.

Essilor a mis au point une technique unique de teinte : les PhysioTints qui ont été développées avec les chercheurs de Photobiologie du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Cette technique réduit l’adaptation chromatique rendant ainsi une perception naturelle des couleurs. Les PhysioTints se déclinent en quatre teintes pour les verres  unis : PhysioBrun, PhysioVert, PhysioXV et nouveauté 2008 PhysioNoir. Autre nouveauté 2008 : les teintes dégradées sont aussi offertes dans les quatre teintes nommées plus haut.

Enfin, pour les personnes aux yeux sensibles ou fragiles (enfants, yeux clairs, etc.) et qui désirent  une protection UV de 100%  et un filtrage de la lumière bleue à 98 %, les verres Airwear Mélanine s’avèrent la solution idéale. Un nom prédestiné puisque la mélanine, présente dans le corps, est chargée de protéger notre peau des rayons solaires. Les peaux foncées bénéficient d’une présence accrue de mélanine. Essilor s’est donc inspiré du mécanisme de protection de la mélanine pour l’adapter aux verres solaires. Faits en polycarbonate, les pigments d’Airwear Mélanine restent dans le verre et présentent une belle couleur brune.  Les verres Airwear Mélanine protègent les yeux ainsi que la peau autour des yeux tout comme une crème solaire d’indice 140. 

Du soleil dans les labos

Tibor Martz de Nikon Canada ne le cache pas : « Le marché des solaires a pris un essor incroyable. Les verres de prescriptions photochromiques que nous traitons ici doivent avoisiner les 17 % auxquels il faut ajouter environ 15 % pour lentilles teintées. Et les demandes vont en croissant! »

Sylvain St-Gelais du laboratoire d’optique S.D.L, qui est aussi un partenaire d’Essilor, affirme que les compléments Xelios tels que Crizal Sun, Flash Sun ou Trio Sun sont les meilleurs vendeurs dans la gamme des solaires. « Tout y est! La qualité du verre, la teinte et la protection UV », s’exclame-t-il.

Gino Boisvert, représentant pour la société Optique Métrovision et le Laboratoire d’optique de Hull, sillonne le Québec depuis trois ans et constate, lui aussi, l’intérêt des professionnels pour les solaires : « Les verres polarisés sont tout particulièrement en demande, mais les Transitions VI prennent aussi de l’ampleur. Cependant, mes meilleurs vendeurs dans les verres solaires que je propose à mes clients sont L.O.H Vista et HD Seiko. »

Marc Lefebvre, président de Kleargo inc., confirme que les verres polarisés sont très en demande et que la CR-39 en polycarbonate remporte beaucoup de succès. Sa société fabrique des clip-on sur mesure et met en vente des modèles polarisés à ressort de toutes les formes pouvant s’adapter à beaucoup de montures :« Nous avons aussi des clip-on UV 400 de teinte gris brun qui sont très utiles pour la conduite automobile. »

Pour Michel Sabbagh de Centennial optical qui distribue de nombreuses marques de lentilles telles qu’AO, SOLA et Zeiss, « le verre de plastique polarisé de chez SOLA marche très fort et les photochromiques viennent aussi grossir notre carnet de commandes. Les lentilles AO Transitions amincies à un indice de 1,67 se vendent très bien malgré leur prix plus élevé parce que la clientèle veut de plus en plus des verres plus légers. Pour la conduite, les verres Serengeti sont aussi très en demande. » Selon lui, le marché des verres solaires n’a pas encore atteint son apogée et la technologie qui ne cesse d’engendrer des prouesses devrait encore nous étonner et nous séduire afin que le soleil ne soit plus une menace pour la vue.


1 http://www.who.int/uv/resources/uvfact/fr/index.html
2 http://www.msc-smc.ec.gc.ca/education/uvindex/about_uvindex/about_f.html
3 http://www.ec.gc.ca/EnviroZine/french/issues/21/feature4_f.cfm
4 www.ansi.org
5 www.csa.ca
6 www.worldoptometry.org
7 www.sunglassassociation.com/
8 www.aoa.org