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Les allergies saisonnières

Par Fanny Arbour, B. Pharm
Pharmacienne au Centre d’information pharmaceutique à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal

Pour environ un Québécois sur dix, le retour du beau temps rime avec allergies saisonnières1. Connues aussi sous le nom de « rhume des foins » ou rhinites allergiques saisonnières, elles sont responsables de démangeaisons oculaires particulièrement incommodantes. Selon certaines études, la conjonctivite allergique a été signalée chez plus de 75 % des patients souffrant de rhinite allergique2. La rhinite et la conjonctivite sont également associées à des maux de tête, à de la fatigue, de même qu’à une diminution non négligeable de la concentration, du sommeil et de la productivité. D’où l’importance de soulager les patients qui en sont affectés2.


Les symptômes oculaires des allergies saisonnières

Les signes et symptômes de la conjonctivite allergique sont : la rougeur de la conjonctive, le larmoiement, l’enflure des paupières et la présence de chémosis2,3. Les démangeaisons demeurent toutefois l’élément clé pour identifier la conjonctivite allergique saisonnière. Elles permettent souvent de distinguer l’œil sec, pour lequel le patient exprime une sensation de corps étranger, de brûlure, de démangeaisons légères et d’une conjonctivite allergique, pour laquelle la démangeaison est suffisante pour que le patient souhaite littéralement se gratter l’œil. Il faut toutefois retenir que la conjonctivite allergique n’exclut pas la présence concomitante de sécheresse oculaire. Enfin, bien que les démangeaisons puissent être présentes, il arrive que le patient se plaigne principalement de larmoiement, de rougeur ou d’œdème oculaire3.

Soulager les symptômes oculaires des allergies saisonnières : solutions sans prescription!

La première mesure à prendre est d’éviter le contact entre l’allergène et l’œil. Le port de lunettes de soleil, particulièrement les jours de grands vents, et l’utilisation de gouttes lubrifiantes permettent de limiter ce contact1,2. L’application de compresses froides permet de soulager temporairement les démangeaisons3.

Les antihistaminiques topiques, comme la phéniramine ou l’antazoline, agissent rapidement et sont disponibles, en association avec un décongestionnant, dans des produits tels Albalon-AMD ou Naphcon-AMD 3. Lorsque les symptômes oculaires sont isolés, ils les soulagent plus rapidement et efficacement que les antihistaminiques systémiques3. Par contre, leur durée d’action est limitée à environ deux heures et l’association avec le décongestionnant en restreint l’utilisation aux patients qui ne souffrent pas de glaucome3. En outre, pour éviter la congestion rebond liée au décongestionnant, on ne doit pas les utiliser plus de trois ou quatre jours de suite.

Les stabilisateurs des mastocytes, comme le cromoglycate sodique (ex : OpticromMD) préviennent la libération de substances nécessaires à l’apparition des signes et symptômes de conjonctivite allergique3. Pour un maximum d’efficacité, on doit débuter l’application avant le contact avec l’allergène et poursuivre l’utilisation pour toute la période de contact. La compliance est le facteur qui limite le plus l’utilisation de ce médicament3.

Il existe d’autres choix de traitement, nécessitant toutefois une ordonnance, pour le soulagement des symptômes oculaires des allergies saisonnières. Il faut donc encourager le patient à consulter si les mesures initiales s’avèrent inefficaces.
 
Le contenu scientifique de cette chronique a été révisé par Valérie Phaneuf, B. Pharm.

Références :
1. Météomédia. Question de savoir : Pollen. Disponible en ligne {URL : http://www.meteomedia.com/Inter/Savoir/Pages/Pollen.htm} page consultée le 2 mai 2007.
2. Bielory L. Allergic diseases of the eye. Med Clin North Am 2006;90(1):129-48.
3. Butrus S., Portela R. Ocular allergy : diagnosis and treatment. Ophthalmol Clin North Am. 2005 Dec; 18(4):485-92.